Pénal des élus

Le trafic d’influence : monnayer son influence, un délit

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Le trafic d’influence sanctionne un mécanisme à trois personnages : celui qui dispose — ou prétend disposer — d’une influence sur une décision publique, celui qui achète cette influence, et l’autorité dont la décision est visée. Le délit consiste à monnayer cette influence, réelle ou supposée, pour faire obtenir d’une autorité ou d’une administration publique une décision favorable : emploi, marché, distinction, autorisation.

Deux versants, publics et privés

Le trafic d’influence passif vise celui qui sollicite ou accepte un avantage pour user de son influence (article 432-11 pour les personnes exerçant une fonction publique). Le trafic d’influence actif vise celui qui propose cet avantage (articles 433-1 et 433-2). Le délit peut viser une influence sur une autorité française, mais aussi étrangère ou internationale. Depuis 2016, il existe également un trafic d’influence concernant les décisions de justiciables et d’agents publics étrangers.

Trait caractéristique : l’influence peut être simplement supposée. Celui qui se prévaut d’un pouvoir d’intervention qu’il n’a pas, et le monnaye, commet néanmoins le délit. Il n’est pas non plus nécessaire que la décision recherchée ait été effectivement obtenue.

Des peines sévères

Pour les personnes exerçant une fonction publique, le trafic d’influence est puni de dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende, montant pouvant être porté au double du produit de l’infraction. Les peines complémentaires — inéligibilité, interdiction des droits civiques et d’exercer une fonction publique — accompagnent presque toujours la condamnation.

La défense

La défense distingue le trafic d’influence pénalement répréhensible du lobbying licite ou de la simple intervention désintéressée : le délit suppose une contrepartie, un « pacte » entre l’avantage et l’usage de l’influence. L’absence de cet accord, la nature réelle de la relation, et l’intention sont au cœur des débats. La qualification doit être examinée avec soin, car les faits peuvent parfois relever de la corruption, de la prise illégale d’intérêts, ou d’aucune infraction.

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